Voici une biographie de Mylène que nous espérons la plus complète possible, pour la
 découvrir ou la redécouvrir. A l’attention des amateurs avertis, sachez que vous y
 trouverez quelques scoops, au hasard des lignes. Ouvrez l’oeil ;-)
 
 Pour les ouvrages concernant Mylène, reportez-vous à la fin de cette biographie.
 Texte : Maxime Le Men
 
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Mylène Gautier est née à Pierrefonds, une petite ville près de Montréal le 12 septembre 1961. Elle vient agrandir la famille de Max le marseillais et Marguerite la bretonne, ses parents, qui ont déjà une fille, Brigitte, et un fils, Jean-Loup. Pourquoi la famille française s’est-elle expatriée dans les lointaines contrées du Canada ? Tout simplement parce que monsieur Gautier, ingénieur des Ponts et Chaussées, travaille à la construction du barrage de Manicouagan. L’enfance de Mylène est sans histoire, tout du moins se refuse-t-elle à en parler (ce qui est tout à fait son droit).
Le public saura néanmoins que la petite fille était solitaire, et qu’elle fera ses premières classes dans l’établissement religieux Sainte Marcelline, tenu par des sœurs. Mylène n’est pas très bonne élève, et plutôt indisciplinée. Elle a une grande passion pour sa grand-mère, à laquelle elle écrit souvent et qu’elle tient au courant de toutes ses évolutions. Plus tard, c’est cette même grand-mère qui emmènera la petite fille au cimetière, face aux demandes insistantes de cette dernière. La famille Gautier s’agrandit à nouveau en 1969 : Brigitte, Jean-Loup et Mylène accueillent un nouveau petit frère, Michel.

Mais à l’aube des années 70, le barrage de Manicouagan est terminé, et la famille Gautier doit regagner la France, en banlieue, tout d’abord à Ville d’Avray, puis à Chaville. Les immeubles bétonnés chamboulent la petite Mylène, qui était plutôt habituée aux grandes étendues neigeuses.
La jeune fille est une adolescente comme les autres, plutôt renfermée. Ses études ne la passionnent toujours pas ; en revanche, elle se prend d’un grand intérêt pour l’équitation, sport qu’elle pratiquera jusqu’à la fin de son adolescence, tentant même le monitorat d’équitation au prestigieux Cadre noir de Saumur. Une voie qu’elle abandonne rapidement. Pour l’heure, les études la rappellent à l’ordre, mais rien n’y fait : au bout de deux jours de terminale, Mylène arrête ses études, bien décidée à tenter sa chance et à devenir connue. Elle ne sait pas encore vers où s’orienter, mais une chose est sûre, elle veut briller, et réussir.

Elle s’inscrit aux cours de théâtre de Daniel Mesguich, puis à ceux du cours Florent. Ses compagnons d’alors, Agnès Jaoui, Anne Roumanoff ou Valérie Mairesse, se souviennent d’elle comme une jeune fille très timide. Pour la petite anecdote, Agnès Jaoui reverra Mylène presque 20 ans plus tard à Hollywood, pour les Oscars, et osera à peine lui dire bonjour, impressionnée par l’aisance de Mylène parmi les stars américaines ! En parallèle, Mylène fait quelques photos pour de la publicité (Ikéa…), tourne quelques spots (Le Chat Machine, les ciseaux Fiskars), et travaille beaucoup pour les Japonais. Elle est également pendant un temps l’assistante d’un gynécologue. Peut-être qu’au fond d’elle-même, elle attend le déclic, la rencontre qui bouleversera à jamais son existence. Et le prince charmant arrive, sous les traits de Laurent Boutonnat (pour en savoir plus cliquez ici).

Le jeune et talentueux Boutonnat s’est illustré au cinéma quelques années auparavant en réalisant à 17 ans le film La ballade de la féconductrice, film violent et ambigu interdit aux moins de 18 ans, puis un court-métrage, Parents si vous saviez, pour l’éducation nationale, à la demande de sa mère. Pour l’heure, en ce début d’années 80, il a décidé de se lancer dans la musique. Il fréquente un jeune passionné, Jérôme Dahan, et tous décident de monter une maison d’édition musicale avec un autre associé, qui part rapidement, ne trouvant pas sa place auprès de ces deux caractères forts. Après avoir été en pourparlers avec Lio pour un projet musical, Jérôme et Laurent composent une chanson, « Maman a tort ». Ils sont persuadés qu’ils tiennent là une bonne chanson, mais elle ne peut pas être interprétée par n’importe qui. Les deux jeunes gens se décident à passer un casting. C’est là que Mylène intervient. Depuis quelque temps, elle est copine avec Jérôme Dahan, qui lui parle de l’audition. Elle vient, est choisie, et l’histoire peut commencer.

« Maman a tort » sort en mars 1984, après bien des péripéties pour trouver une maison de disques. C’est finalement RCA qui signe, pour deux 45T Mylène Farmer (nom emprunté à l’actrice américaine Frances Farmer, voir l’article complet dans le numéro 1 de Mylène Farmer et vous). « Maman a tort » fait parler, et le clip qui l’accompagne également. Mais il faudra l’intervention d’un nouveau venu, Bertand Le Page, qui jouera les rôle d’éditeur et de manager, pour que la carrière de Mylène décolle réellement. Une seconde pochette en couleur voit le jour, une version anglaise « My mum is wrong » (comme c’est la mode à l’époque) également. Un second clip, beaucoup plus cher, est également à l’étude, mais sera finalement abandonné car trop ambitieux. Au final, « Maman a tort » se vend à 100 000 exemplaires, ce qui est loin du million que Jeanne Mas vend à l’époque, mais honorable pour un coup d’essai.

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